« Que fait le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies pour protéger les droits des pratiquants de Falun Gong et des autres victimes de prélèvements forcés d’organes ? »

Discours du Dr. Andreas Weber MD, directeur adjoint de DAFOH Europe, à l’évènement parallèle de Global Human Rights Defence, du 16 juin 2025, Nations Unies HRC, Genève

Mesdames et Messieurs,

Le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies est un organe des Nations unies dont la mission est de promouvoir et de protéger les droits de l’homme dans le monde. Le Conseil actuel est le remplacement du précédent, ce qui indique que la mission de promotion et de protection des droits de l’homme n’est peut-être pas aussi simple qu’on pourrait le penser.

J’aimerais commencer mon discours par une question simple :

« Qu’a fait le Conseil pour protéger la vie des 100 millions de pratiquants de Falun Gong en Chine, brutalement persécutés depuis plus d’un quart de siècle, et pour mettre fin à ce crime le plus odieux : le prélèvement forcé d’organes sur des pratiquants vivants ? »

La mission du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies est de promouvoir et de protéger les droits de l’homme, et j’ajoute, dans le monde entier.

Alors pourquoi le Conseil semble-t-il oublier sa mission lorsqu’il aborde les frontières de la République populaire de Chine ? Le Conseil perd sa crédibilité s’il donne l’impression qu’il « choisit » quand intervenir et quand ne pas intervenir.

Pourquoi le Conseil et le Haut-Commissaire des Nations unies échouent-ils dans ce cas ? Vingt-cinq ans de torture, de lavage de cerveau et de prélèvement forcé d’organes ne constituent pas un simple crime contre l’humanité. Cela a tous les traits d’un génocide froid.

Que faut-il d’autre pour attirer l’attention du Conseil ?

Je ne suis qu’un simple médecin, et je ne suis pas ici pour dire au Conseil ce qu’il doit faire et comment le faire, cependant, le Conseil devra répondre aux livres d’histoire et à la communauté internationale. Je suis juste ici pour le rappeler au Conseil. S’il ne parvient pas à nouveau à promouvoir et à protéger les droits humains à l’échelle mondiale dans le cadre d’une approche juste et équilibrée, il pourrait dans l‘avenir être confronté à son remplacement.

La Chine ne vise pas seulement à tuer les pratiquants de Falun Gong pour leurs organes, elle veut également détruire la croyance religieuse de 100 millions de pratiquants de Falun Gong et elle a probablement tué plus d’un million de personnes au cours des 25 dernières années. Donner à la Chine un laissez-passer pour ce crime, c’est-à-dire ne pas s’attaquer à cette atrocité, c’est en même temps encourager la Chine à poursuivre ses violations des droits de l’homme.

Je pose la question suivante : que fait le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies pour protéger les droits des pratiquants de Falun Gong et des autres victimes de prélèvements forcés d’organes ?

Le silence et l’aveuglement volontaire du monde face à cette atrocité ont permis de la laisser évoluer en génocide froid. J’appelle le Conseil des droits de l’Homme des Nations unies à agir et à protéger la vie de personnes innocentes, même si cela signifie franchir les frontières de la Chine en publiant une déclaration.

Les preuves
Les allégations contre le PCC sont graves, alors jetons un coup d’œil aux preuves qui ont été réunies au cours des dernières décennies.

Les preuves présentées dans notre rapport spécial DAFOH démontrent que des prélèvements forcés d’organes sur des pratiquants de Falun Gong ont eu lieu en Chine et continuent de se produire sans relâche.

Dans la première enquête menée par David Kilgour et David Matas, deux avocats canadiens des droits de l‘homme, en juin 2006, les enquêteurs ont appelé quelques dizaines d’hôpitaux en Chine en prétendant avoir besoin d’un organe. Lorsqu’on leur a demandé s’ils avaient des organes provenant de pratiquants de Falun Gong, les interlocuteurs de 14 hôpitaux ont dit oui, expliquant qu’il s’agissait d’organes frais. Dans un enregistrement vidéo de 2017, une infirmière a même offert un organe dans les 2 jours pour un supplément de 15 000 $.

Doctors Against Forced Organ Harvesting (Médecins contre les prélèvements forcés d’organes) n’est pas la seule organisation à avoir enquêté de manière approfondie sur la pratique des prélèvements forcés d’organes en Chine.

En mars 2019, le China Tribunal, un tribunal populaire indépendant dirigé par Sir Geoffrey Nice, KC, a examiné les preuves et rendu son jugement final concernant la pratique du gouvernement chinois consistant à prélever des organes sur des prisonniers de conscience.

Dans son rapport de 556 pages, le groupe de sept membres a conclu que « les prélèvements forcés d’organes ont été commis pendant des années dans toute la Chine à une échelle significative et que les pratiquants de Falun Gong ont été l’une – et probablement la principale – source d’approvisionnement en organes… de très nombreuses personnes sont mortes d’une mort indescriptiblement hideuse » qui « au-delà de tout doute raisonnable… constituent des crimes contre l’humanité ».

En raison du temps relativement limité, je souhaite vous donner un aperçu rapide de l’ampleur de l’industrie d’un milliard de dollars de la pratique chinoise de transplantation d’organes, qui soulève de sérieux doutes quant à son caractère basé sur des dons d’organes altruistes et devrait inciter le HCR à lancer des enquêtes approfondies et indépendantes en Chine.

Tout d’abord, je tiens à souligner qu’il y a des milliers de rapports de témoins qui sont révélateurs de procédures de préparation en vue d’un prélèvement forcé d’organes et qu’ils continuent d’arriver. S’il n’y a que deux ou trois témoignages de prélèvements forcés d’organes, de tests sanguins ou d’examens médicaux, ils peuvent être considérés comme des anecdotes. Mais s’il y a des centaines et des milliers de récits d’analyses de sang, d’examens médicaux et de menaces de prélèvements d’organes, alors les témoignages deviennent des preuves !

Sur une période de 20 ans, le nombre annuel officiel de transplantations en provenance de Chine suit un cours qui contraste fortement avec celui d’autres pays.

Alors que le nombre annuel de greffes en Chine a augmenté de façon exponentielle d’environ 250 % entre 2000 et 2004, l’augmentation moyenne du nombre de greffes dans d’autres pays au cours de la même période a été d’environ 10 à 15 %.

Même le programme public de don d’organes de la Chine, lancé en 2013, manque de crédibilité et les critiques l’ont décrit comme un mécanisme de blanchiment pour brouiller la traçabilité des organes des donneurs.

Les chiffres ne correspondent tout simplement pas ! Et cela peut également être démontré par la croissance exponentielle de l’infrastructure de transplantation en Chine :

Avant 1999, environ 150 hôpitaux en Chine offraient des chirurgies de transplantation, mais en seulement sept ans, leur nombre est passé à 600 centres de transplantation.

Conclusion
En examinant toutes les différentes preuves, la nature systématique et organisée des prélèvements forcés d’organes en Chine sur les pratiquants de Falun Gong devient claire.

Le prélèvement forcé d’organes sur des personnes vivantes, c’est-à-dire le meurtre systématique de personnes innocentes pour leurs organes, est un crime contre l’humanité et, dans le cas du Falun Gong, un génocide froid. En réalité, la persécution du Falun Gong organisée par l’État au cours des 25 dernières années a fait de ce groupe la principale victime des prélèvements forcés d’organes. Le gouvernement chinois a chargé la profession médicale de mener à bien son programme d’éradication du Falun Gong.

Par définition et par consensus, les crimes contre l’humanité ne relèvent pas des affaires internes un pays, quelles que soient les revendications de souveraineté du gouvernement en place. Les crimes contre l’humanité et le génocide nuisent à notre communauté mondiale et constituent une menace pour l’humanité.

Car si nous tolérons ces crimes odieux et leur décadence morale inhérente dans un pays de quelque 1,5 milliard d’habitants, et si nous choisissons l’aveuglement volontaire, cela représente une grave menace pour l’ensemble de l’humanité et, par conséquent, pour l’éthique médicale dans le monde entier.

Je vous remercie

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